
Les noisetiers sauvages au fond du jardin, côté sablière, sont prolifiques. Cette année les circonstances climatiques leurs sont favorables. Dans mon souvenir, c’est la meilleure année. La plupart du temps les quelques noisettes que j’ai eu le plaisir de ramasser, c’est plus bas sur le trottoir à la dernière maison car il n’y a plus de piétons, d’amateurs de glanage. Faut-il encore se baisser pour les fruits de la terre ? Même les pommes du voisin plus haut, ignorées roulent lorsqu’elles tombent sur la pelouse, qui en pente les pousse dans la rigole de la rue,
N’est-il pas bien connu que ce que l’on trouve comme fruits, c’est au supermarché. Même chose pour les châtaignes locales dans l’escavée plus loin. Elles traînent attendant que je passe pour les ramasser avec plaisir et ce chaque année.
Le lien avec la terre et ses fruits ne semblent plus faire recette même quand s’il n’y a rien à faire.
Moi aussi comme beaucoup, j’ai perdu le lien avec le jardinage. Mon lieu de travail et les trajets mangeaient mon temps disponible et ce qui ne l’était pas l’était par cette lucarne où l’on clame maintenant toutes les recettes écologiques. Mais pour quelle finalité ?
Sinon celle de l’esprit qui se préoccupe du sujet. Quant à décider d’être actif, c’est autre chose.
Avec le temps sans doute des initiatives traditionnelles seront reprises, un petit carré de légumes, quelques salades, la plantation d’un arbre fruitier, les légumes de saison.
J’ai beaucoup apprécié, panier à la main, de récolter les noisettes qui tombent en grappes prématurément, me semble-t-il. Une sur deux n’a pas atteint sa forme et dans ces fruits, pas mal de vers sont actifs. Quelques-unes sont pourries intérieurement. C’est sans doute pour cela qu’elles tombent si vite. La réalité ne sera pas miraculeuse, mais j’y prends plaisir quand même.
Dans la presse, un article me touche, il mentionne l’écologie intégrale plus respectueuse de cette merveille que nous piétinons trop souvent avide de résultats éphémères, cette terre qui souffre de notre utilisation sans limite de ses ressources.
Ne déforestons plus l’Amazonie, sans doute mais pourquoi ne pas planter aussi des arbres, pour remplacer toutes ceux qui lentement ont disparus depuis des années, éliminés pour l’ombre qu’ils donnent, pour les feuilles qui remplissent les gouttières, pour élargir les routes et limiter les conséquences des irresponsables roulants très vite et plus d’une fois sous l’emprise de la boisson ou de stupéfiants. Et n’oublions pas les haies enlevées pour rendre les champs immenses pour les machines de plus en plus imposantes,
Qui a encore le privilège d’avoir un arbre fruitier planté à sa naissance ?
Comme pour manifester surtout le lien à la terre.
J’ai à présent à un petit bol de noisettes, on ne peut plus écologique car je n’ai pas aspergé ces noisetiers de produits phytosanitaires. Ma récolte sera minime sans doute et à partager avec les vers mais quel plaisir à recueillir çà et là, ces petits groupes de noisettes.
Me voilà en pensées de retour dans mon adolescence à cueillir les prunes altesses sur les pruniers du pré derrière la maison. Souvenir qui m’enchante.
Quel voyage, quel plaisir là, à 30 mètres.
Tiens un bac à fleurs de la taille d’une brique qui traîne. Je le soulève et surprise voilà à nouveau l’orvet qui règne sur ma pelouse et que je débusque à cette occasion.
Spectacle qui m’impressionne, me comble. Une merveille de la nature, un prédateur peut-être mais là n’est pas l’essentiel. Comme ils disent à la radio, vive la biodiversité.
