Le chercheur d’OR

Dans le foisonnement de mes pensées matinales, j’y découvre, ce jour, comme un fil rouge. C’est le basculement d’une civilisation ancienne plus que millénaire sans doute, celle de l’usage de la monnaie qui accompagne le commerce. Dans mon porte-monnaie, il n’y a plus que 2 ou 3 pièces. Impossible à utiliser dans les machines, entre autres de parking, d’automates à produits divers.

Tout devient électronique, immatériel,

Il n’y a plus le concept de « monnaie sonnante et trébuchante » L’exclamation, la menace « La bourse ou la vie » n’a plus de sens.

Je n’arrive pas à trouver une autre pièce de 2€ comme celle qui a fixé mon attention. Depuis le début du mois, j’en voudrais quelques exemplaires. Pour le plaisir d’un chiffre celui des 7 jours de la semaine, des 7 merveilles du monde. Chiffres mythiques à l’ancienne.Il me faut la même que celle que je n’ai pas pu comprendre car elle était illisible, vu les tâches sombres et que ma vue baisse. Nettoyée, j’ai pu la photographier avec le GSM, sous le soleil et l’agrandir.

Personne ne regarde, la face. Ne compte que le chiffre 2. Je l’ai fait aussi, systématiquement Depuis leur émission j’ignore le côté obscur des pièces, celui du dos.Je sais qu’elles ne font pas nécessairement référence à mon pays car depuis la zone euro. Internationales, elles circulent. Seule compte la valeur faciale.

Même au cercle d’histoire, on ne sait pas qu’une de celle-ci a un aspect historique, qui a façonné pendant des années notre vie sociale. Elle a été émise bilingue chez nos voisins, en France et en Allemagne et est en circulation en millions d’exemplaires depuis 2019. Mémoire fondamentale de cette Europe dont le nombre de membres croît de plus en plus. Union d’état pour une union qui fait la force.

La liberté de paiement n’est pas mise en cause, elle n’est pas tracée comme peuvent l’être les paiements électroniques.

Celle-ci célèbre un événement 30 ans plus tôt, celui qui a mis la fin à la guerre froide. Conscrit j’ai effectué 9 mois de service en zone d’occupation dans l’atelier maintenance d’une caserne, sans doute loin de la ligne de démarcation.

En la découvrant ce mois-ci, je suis retourné à cette période de ma jeunesse, à cette ambiance de famille orpheline dont l’aîné s’était expatriée vers le nouveau monde, service militaire accompli.

Seul je ne peux la trouver, la pièce cible est diluée.  Au marché la semaine dernière la crémière m’a rendu 2 pièces, je les ai retournées en expliquant la raison du geste, mon intérêt. 

Spontanée, Comme dix ans plus tôt sa mère. ( Texte- Fromages de chèvres  ) Elle m’a dit, je vais la photographier. Ainsi me voilà accompagné dans ma recherche par une enquêtrice. Sa spontanéité me pousse à solliciter de l’aide pour ouvrir des pistes.

A la fête des voisins j’ai scanné la caisse où étaient 25 pièces de cette valeur, sans succès.mais sont-elles en circulation mais plus dans les tiroirs comme monnaie de mémoire du Tsunami qui a conduit à la création de l’Union européenne. Moment mémorable, d’aventure, de liberté.

Depuis j’interroge, je lance des mails vers ma famille, mon entourage.

C’est pour moi un moment faste, joyeux comme la chasse aux œufs à Pâques. Un renouveau

Cette recherche de cette perle, qu’est la 2EURO-MB.

Dans mon porte-monnaie.


L'automate de paiement du parking à la clinique, où j'ai conduit ma voisine, n'a pas l'air d'accepter le paiement de 4€ avec sa carte de banque. Pourtant le ticket est introduit code barre vers le haut.

L'application de la carte de banque, côté puce, sur le lecteur plan ne donne aucun affichage.Je prends l’autre voie, j'essaie par encodage en introduisant la carte dans le lecteur.Le clavier numérique n'apparaît pas, j’essaie à nouveau et cette fois ma voisine peut encoder son chiffre secret. Rien ne se passe, aucune indication. Enfin le ticket sort de la machine. Si j'avais eu des pièces de 2€, cela aurait été bien plus rapide, nous n'aurions pas bloqué huit personnes. Ah cette monnaie électronique, pas toujours facile à manipuler.Une image me rattrape. Il faut dès mon retour à la maison, poursuivre la recherche sur le sens du dos de cette pièce de 2€, en attente sur mon bureau.Sa circulation moins intense lui a fait perdre sa brillance, quelques tâches sont incrustées et abiment l’ensemble.L'usage d'une petite loupe ne m'a pas aidé. Je devrais la brosser, et la photographier.En rentrant du cercle d'histoire un peu plus tard profitant de rayons de soleil, j'obtiens une photo que j'agrandis facilement et découvre son décor.La coïncidence me frappe. En le regardant, je fais un voyage dans l'histoire assez récente qui m'a touchée. N’ai-je pas été 9 mois en Allemagne, en 1968, en garnison à Düren, pendant mon service militaire, à la caserne belge dans une compagnie d’ordonnance, au temps de la guerre froide, du rideau de fer, de la séparation entre la république fédérale allemande-RFA et l’Allemagne de l’est sous influence soviétique, la république démocratique allemande-RDA.Alors que les circonstances politiques actuelles sont tendues, que la guerre s'éternise au bord de l'Union européenne en Ukraine, que l'on renforce les armées par suite de menaces latentes d’un pays agressif. Un témoignage du passé circule incognito dans les portes-monnaies. Entretenons cette mémoire de l'histoire. La fin d’une guerre froide. Rien de nouveau sous le soleil. Ne fermons pas les yeux, la paix reste comme depuis deux générations fragiles. Et pourvu qu'elle dure.