Fête des pères

Dans son plan de travail d’indépendant, mon fils avait prévu un saut à la maison familiale pour me fêter. Non mon anniversaire mais la fête des pères .Son intention m’avait réjoui car vu son planning, ce déplacement était vraiment un cadeau. Il s’arrêtait de courir pour la préparation du travail de son équipe, de son administration et des heures nombreuses que son activité d’indépendant lui coutait. Plus d’une fois, je lui avait dit comme à l‘ancienne au village, ce n’était pas les fleurs, le cadeau qui importait, c’était la visite, le passage pour échanger prendre des nouvelles. 

Ce principe je l’avais reçu de ma grand-mère qui nous disait lors des moments où certains faisaient des cadeaux ; « Je n’en ai pas besoin, garder vos sous pour plus tard ».  Elle n’avait pas eu beaucoup d’aise dans sa vie de veuve au village, l’essentiel était pour elle le passage, la visite dans la maison qu’elle partageait avec sa sœur, du côté droit. J’avais hérité de sa sobriété et de l’attention que je portais à l’échange en famille.

Le projet de mon fils était de faire un saut, de passer un moment concret pour témoigner et je l’attendais, pas à l’heure dite car nous n’avions pas la même notion du temps. Pas précis sans doute mais cette fois, il exagérait. Y avait-il un motif, un incident. Sans me le dire, le fait de ce retard m’inquiétait. Un petit sms pour voir, une urgence l’avait-elle fait changer d’avis.

Au téléphone, une demi-heure plus tard, il m’appela pour m’inviter a un rendez-vous à 20 km. Mon enthousiasme était nul, aucun déplacement ne me convenait. Tu sais me dit-il, je dois rentrer chez moi immédiatement, je viens de recevoir une amende, par les gendarmes,  la tenue de  motard, de ma compagne n’est pas la bonne, je dois faire demi-tour.

Il avait choisi de ne pas entrer dans le refus d’obtempérer, d’accepter le verdict de la gendarmerie et de rentrer chez lui directement. Au fond, il valait mieux ne pas affronter la maréchaussée, de respecter l’interdit pour éviter les conséquences fâcheuse, sonnante et trébuchante, d’une récidive. Le code de la route imposait des protections, dans ce cas des chevilles, par des bottes ou chaussures adaptées et elle m’en avait pas cette fois-ci.

Me voilà, j’imagine, dans le Guinness book  of record, pour cette intervention étonnante mais légale de la gendarmerie, et ce le jour de la fête des pères. J’aurais donc eu aussi une visite virtuelle. Étrange fatalité mais a choisir entre un accident, et cet incident, j’avais vite fait mon choix.

Merci fils de cette intention, c’est mémorable en plus.

Oxxalis

Depuis plusieurs semaines sur la table desserte, près de la porte fenêtre, vers le jardin un pot comportant une plante verte attends, je ne sais quoi . C’est un changement d’emplacement fait par mon épouse. La plante apparait à présent dans mon champ de vision. Au fond en la regardant de plus près, c’est une sorte de trèfle à quatre feuilles avec des pétioles au centre, d’un rouge lie de vin. L’étiquette précisant le nom n’est plus plantée, aussi pour en savoir plus, je cherche sur une application, le nom de la plante. C’est un oxalis, avec des pétioles pourpres, sur un tiers, coté centre. Elle ressemble au trêfle, il a quatre feuilles.

La plante est entrée dans mon champ de vision pour mon plus grand étonnement sans doute car ce matin surprise, elle a repris vie à la lumière du jour, vivante, elle se tourne vers la lumière attirée par je-ne-sais-quoi alors qu’hier soir, je la pensais déclinante. Ses feuilles pendaient comme si dépérissant, elle manquait d’eau.

Ce matin, elle était pourrait-on dire au garde-à-vous, pour saluer la lumière du jour l’accueillir la prendre comme viatique pour les heures à venir. Au fond, elle se comportait aussi comme la tulipe de l’année dernière que j’avais vue de grand matin, tête penchée prête à rendre l’âme et qui vers le 12h00 s’était redressé sous l’influence de la lumière et de la chaleur.

Sans doute, voilà dans l’univers des plantes à observer, l’influence de la lumière, la modification d’une attitude, face à un environnement. Et dire qu’au cours de ma vie qui s’est allongée petit à petit, je n’avais jamais observé consciemment ce phénomène. L’effet de la lumière me touche, ne suis-je pas fait d’une matière physique qui elle aussi puise dans l’environnement ses ressources vitales, sa puissance aussi. Il suffit de me rappeler combien la lumière vive du soleil me donne de l’énergie, me rend plus joyeux, plus serein. 

En est-il de même pour les fleurs et les arbres et réagissent-ils à la parole, à la musique ? Poussent-ils mieux quand nous sommes au petit soin autour d’eux ? De quelle symbiose s’agit-il ? 

Voilà une réflexion qui me poursuivra. Comment à l’égard de la nature, prendre le contact avec la vie qui s’exprime à travers elle ?

 Est-ce par cette vie végétale que je poursuis plus sereinement ma vie terrestre ? Comment ne pas me laisser toucher par cette découverte qui m’incite à faire vivre dans mon entourage de nombreuses plantes, consciemment.  Le lilas est en fleurs, une de celle-ci est dans un pot d’eau sur la table de la cuisine. Depuis hier et en rentrant ce matin dans la pièce, j’ai perçu son parfum subtil, parfum dont je m’étais privé des années durant, coupé de cette nature florissante vivante et propre à me gâter de ses fruits.

Dans ma jeunesse les trèfles à 4 feuilles que nous cherchions dans les prés, étaient un porte-bonheur. Mais qui en trouvait ?  M’a-t-il fallu tant de temps pour le vérifier, l’approuver et en vivre ?

Le contact conscient avec le rythme de la nature, la lumière, dès le saut du lit, ne serait-ce pas un des meilleurs médicaments, le meilleur soutien de vie, avec la pulsion de vie

Que celle-ci exprime tout autour de nous sous toutes ses formes.

Fruits sauvages

Les noisetiers sauvages au fond du jardin, côté sablière, sont prolifiques. Cette année les circonstances climatiques leurs sont favorables. Dans mon souvenir, c’est la meilleure année. La plupart du temps les quelques noisettes que j’ai eu le plaisir de ramasser, c’est plus bas sur le trottoir à la dernière maison car il n’y a plus de piétons, d’amateurs de glanage. Faut-il encore se baisser pour les fruits de la terre ? Même les pommes du voisin plus haut, ignorées roulent lorsqu’elles tombent sur la pelouse, qui en pente les pousse dans la rigole de la rue,

N’est-il pas bien connu que ce que l’on trouve comme fruits, c’est au supermarché. Même chose pour les châtaignes locales dans l’escavée plus loin. Elles traînent attendant que je passe pour les ramasser avec plaisir et ce chaque année.

Le lien avec la terre et ses fruits ne semblent plus faire recette même quand s’il n’y a rien à faire.

Moi aussi comme beaucoup, j’ai perdu le lien avec le jardinage. Mon lieu de travail et les trajets mangeaient mon temps disponible et ce qui ne l’était pas l’était par cette lucarne où l’on clame maintenant toutes les recettes écologiques. Mais pour quelle finalité ?

Sinon celle de l’esprit qui se préoccupe du sujet.  Quant à décider d’être actif, c’est autre chose. 

Avec le temps sans doute des initiatives traditionnelles seront reprises, un petit carré de légumes, quelques salades, la plantation d’un arbre fruitier, les légumes de saison.

J’ai beaucoup apprécié, panier à la main, de récolter les noisettes qui tombent en grappes prématurément, me semble-t-il. Une sur deux n’a pas atteint sa forme et dans ces fruits, pas mal de vers sont actifs. Quelques-unes sont pourries intérieurement. C’est sans doute pour cela qu’elles tombent si vite.  La réalité ne sera pas miraculeuse, mais j’y prends plaisir quand même.

Dans la presse, un article me touche, il mentionne l’écologie intégrale plus respectueuse de cette merveille que nous piétinons trop souvent avide de résultats éphémères, cette terre qui souffre de notre utilisation sans limite de ses ressources.

Ne déforestons plus l’Amazonie, sans doute mais pourquoi ne pas planter aussi des arbres, pour remplacer toutes ceux qui lentement ont disparus depuis des années, éliminés pour l’ombre qu’ils donnent, pour les feuilles qui remplissent les gouttières, pour élargir les routes et limiter les conséquences des irresponsables roulants très vite et plus d’une fois sous l’emprise de la boisson ou de stupéfiants. Et n’oublions pas les haies enlevées pour rendre les champs immenses pour les machines de plus en plus imposantes,

Qui a encore le privilège d’avoir un arbre fruitier planté à sa naissance ? 

Comme pour manifester surtout le lien à la terre.

J’ai à présent à un petit bol de noisettes, on ne peut plus écologique car je n’ai pas aspergé ces noisetiers de produits phytosanitaires. Ma récolte sera minime sans doute et à partager avec les vers mais quel plaisir à recueillir çà et là, ces petits groupes de noisettes.

Me voilà en pensées de retour dans mon adolescence à cueillir les prunes altesses sur les pruniers du pré derrière la maison. Souvenir qui m’enchante. 

Quel voyage, quel plaisir là, à 30 mètres.

Tiens un bac à fleurs de la taille d’une brique qui traîne. Je le soulève et surprise voilà à nouveau l’orvet qui règne sur ma pelouse et que je débusque à cette occasion.

Spectacle qui m’impressionne, me comble. Une merveille de la nature, un prédateur peut-être mais là n’est pas l’essentiel. Comme ils disent à la radio, vive la biodiversité.