Parcours d’artistes


Elle est en route à nouveau pour une participation comme peintre à un parcours d’artistes. 
A l’image de son voisin du parcours précédent, elle souhaite ajouter un commentaire du genre haïku à ses peintures. Elle m’en parle et je relève le défi ; mettre en 3 vers, en syllabes codées, un poème en relation avec ce qui est sur son tableau.
Mon regard sur ces toiles n’est plus superficiel rapide comme celui des visiteurs en balade, un après-midi pour passer leur ennui. 
J’observe attentivement la composition sous mes yeux, je me laisse impressionné par le thème défini en partie dans le titre qu’elle leur donne. 
Me voilà en recherche des mots qui pourraient être adéquats, qui pourraient eux aussi exprimer quelques sentiments, quelques expressions en écho à ce qui pourrait être, ce qui est à lire, à percevoir, à comprendre dans l’image.
La peintre est dans l’image patiemment composée, je suis dans ma tête, mon mental à chercher les mots qui pourraient convenir. Hypothèse bien sûr. 
Est-ce ma sensation en écho qui apparaît, le résumé de celle qu’elle a posé sur la toile ? Mystère.
Ce va-et-vient me plaît me remet en contact avec les émotions qui m’agitent face à ce que je regarde. 
Comme un maçon à son mur, je pose les mots dans les cases, compte les syllabes pour être dans le genre du poème que j’imagine, subtil. Impression figée, par le texte lisible ou illisible selon celui ou celle qui le parcours, le lit.
Cette composition d’un nouveau genre, m’occupe, me met en voyage dans les nuages, dans le rêve, dans les phantasmes peut-être. Rien n’est réel, tout est subtil. 
Valable à un moment, impossible à un autre.
La préparation de l’ensemble a ses codes, je les découvre. Mes textes sont trop grands. Font-ils de l’ombre. Je les réduits en taille. La plupart sont à plat, sur une chaise, en seconde lecture. Logique, l’essentiel est la peinture. Nous sommes dehors, le temps est splendide.
Le temps du parcours par les visiteurs est là, je suis en place en attendant le va-et-vient.
Étrange impression de surfer sur des moments irréels, quelques mots au passage avec les visiteurs pour expliquer la démarche, pour les ouvrir à leur décodage, à leur perception d’une réalité qui fuit, se transforme.
Une ou l’autre rencontre, conjonction d’échange vrai. Rare.
Ce monsieur qui récite un haikus qui l’a touché ou celui qui me parle de ce qu’est pour lui le temps, cette dame qui entend et découvre un nouveau rythme par le poème que je récite à vive voix, ou celle qui confirme ma vision. Elle voit aussi des larmes, Un enfant dit : « Mais il n’y a que des femmes sur les tableaux ! »
Moment technique avec le photographe voisin, qui décrit la richesse et la vitalité de la nature en pose pour ses photos.  Moments éphémères, légers, espoir d’un échange qui disparaît dans l’indifférence, les temps d’attente des visiteurs.
Le premier jour, la météo n’est pas encore celle de l’automne. Pour moi, c’est l’été indien, les derniers beaux jours. Dans la mare, les carpes « Koïs » réclament de la nourriture, détournent l’attention des visiteurs. La fontaine scande l’espace de bruits humides et quelques fois, le crapaud croasse. 
Moment suspendu dans le temps, perception d’une lumière qui s’affaiblit et qui est celle de l’automne, des feuilles qui changent de couleur. 
Les derniers passants, les dernières suggestions et le moment de rangement qui ferme l’après-midi au soleil. C’est la clôture du parcours de ce premier week-end. 

Léon..on.

Ce prénom ancien est devenu le résumé d’une péripétie curieuse que me rapporte ma fille lorsqu’elle me visite. C’est une onomatopée. Léon..on. rappelant qu’à  Ecausinnes, il est célèbre. Il possède une page sur Facebook où l’on peut suivre ses pérégrinations.

Et comme le prononce ma fille, Léon..on. est un paon volage qui se promène dans la localité et dont je viens de recevoir la photo prise dans le jardin de celle-ci.

Léon..on se promène, Léon..on cherche, se fait connaître et  je le connais.

Est-ce pour cela que dans ma méditation, au bout de la nef en attendant l’organiste, je l’ai à mon tour découvert, oui là au-dessus du maître d’hôtel, dans la décoration symétrique, en chapeau. Je ne vois plus une corne d’abondance comme je le voyais précédemment, j’y vois à présent, des paons, imaginés, vus, interprétés. L’un à gauche, l’autre à droite et pourquoi pas.

C’est mon imagination, ma facilité à entrer dans la paréidolie, qui m’ouvre cette perspective, qui conduit cette écriture. Elle me donne de l’émotion actuellement.

Depuis bien des années, beaucoup de symboles ont disparus, il n’y a plus de sens caché accordé aux images. Quoi que ! Avec les émoticônes, les émojis cette propension du passé revient doucement. Icônes- images -sentiments -sensations.

Ma connaissance des symboles est modeste, maigre mais je m’appuie régulièrement sur « Le dictionnaire des symboles » voyage dans le temps pour en rejoindre les expressions, les auteurs et ceux qui les ont utilisés dans le passé. Voyage dans l’espace, le rêve.

Voyage dans l’imaginaire pour associer des moments particuliers en leur donnant un sens non scientifique, autre mais surtout une autre dimension, parfois poétique. Toujours surprenante, Étonnante.

En ce 15 Août, Jour de l’Assomption

Chutes d’arbres

La lisière d’arbres au bord de la sablière n’a plus la cohérence des jours passés. Un ensemble de branches, pend lamentablement, là au-dessus. L’incident m’intrigue, me pousse à chercher une explication. En comparant des photos prises le mois dernier avec la situation du jour, le mystère est levé. L’arbre à droite de l’ensemble où poussent quelques boules de gui, n’est plus là. Pourtant il n’y a pas eu de tempête, ces jours-ci.

Au fond du jardin, après l’escalade du talus, je suis sur l’ancienne route de service. Surprise un deuxième arbre la coupe, juste derrière le jardin. Il vient de s’effondrer, par fatigue, sans doute. Par maladie, peut-être ? Curieux des bourgeons naissaient un peu partout sur ses branches. Des images me retraversent l’esprit.

Dans l’Escavée, à 500 mètres d’ici, il y a quelques mois, un arbre s’est effondré, du bord du talus, bloquant le passage. Le sol s’était effrité, sous ses racines. Dans une autre escavée, il a aussi quelques arbres qui sont tombés. Quelqu’un les a découpés.

Cela en fait beaucoup sur une année. 

L’image, de bois des environs, se superpose, notamment ceux en allant vers la ville, le long de la rivière, sur des friches. Beaucoup d’arbres sont morts. Ils penchent lamentablement, barrant le paysage d’un trait oblique. 

Est-ce la sécheresse de l’été dernier qui leur a été fatale ? Est-ce que le sol perd sa cohésion, affaibli par le manque d’eau ?  

Le substrat maintenant les racines, n’est plus le même, en tout cas, autour de cette sablière. 

C’est une constatation de ces derniers mois.

Quelque chose a changé, trop, c’est trop. Un arbre qui se couche passa encore. C’est le signe de la vie, mais autant d’affaiblissements et de chutes ?

On parle de réchauffement climatique. N’est-ce pas, dans notre environnement, une des conséquences de celui-ci. La forte modification des pluies, leur raréfaction n’est pas bonne pour le milieu des arbres. Surtout que dans notre environnement, les terres ne couvrent que faiblement le sous-sol sablonneux. Les racines n’ont plus la terre compacte et humide pour s’accrocher et trouver leur appui, leur nourriture. Elles deviennent fragiles, cassantes. 

Que donnerait une tempête sur le peuple des arbres, ici localement ?

Signes avant-coureurs, exposant le stress causé par le changement climatique !

Qu’est-ce qui nous attend dans le futur ?