Insomnie et médication

Son appel téléphonique et mon passage à la salle avaient ouvert à nouveau le paquet d’émotions  causées par une gestion inacceptable et improbable, et qui m’habitaient encore. Pour l’apaiser, j’avais visité les noisetiers du quartier pour recueillir quelques fruits, ignorés de tous et me replonger ainsi par la marche, dans mes souvenirs d’adolescence au village.

Malgré le somnifère, l’agitation mentale m’avait repris au cours de la nuit et des événements, comme un film étaient revenus dans mes perceptions.

Je faisais barrage à cette agitation quand comme dans un ciel orageux, une éclaircie s’ouvrit apportant un fait enregistré inconsciemment, le reflet qui me semblait doré de la boite de biscuits, dont le dernier éclat, en éteignant le soir, avait été enregistré. Boite qui nous avait été remise par Marie au nom du pôle communication. Ce reflet réapparaissait et je me revoyais enlever le manchon en carton de la boite Neuhaus  et prendre pour me consoler, un biscuit sucré qui avait la forme d’un cœur et dont l’âme était en chocolat.

Cette boite était bien plus que son apparence, elle me renvoyait par son reflet doré, et cuivré, à nos noces d’or, qui en étaient le motif, à son contenu et aux biscuits en forme de cœur, témoignage indirect et subtil d’une attention chaleureuse et guérissante.

Dans le tumulte de mon esprit, ce fut comme une médication puissante, plus forte que le somnifère et qui mystérieusement décalée venait mettre du baume sur ce qui m’agitait derrière un rideau d’inconscience, sans doute aussi réplique d’un passé lointain.

Je n’étais plus seul dans ce combat d’apaisement, face aux journées difficiles que j’avais vécues les derniers mois.

L’émotion face à ces événements venait en surface et mon chat, compagnon d’écriture endormi contre mon bras gauche, quand j’écris à la table, se leva et vint frotter sa tête le long de ma joue.

Plus d’une fois, ces dernières années, je constatais qu’un apaisement extérieur, sous forme de message, de présence inopinée, venait à mon secours, renforçant de plus en plus l’idée de l’ange gardien, de la providence qui a tout moment est en soutien de nos parcours difficiles. Anges trop souvent inaperçus, faute d’un œil qui observe, d’une attention décalée.

Processus récurent au cours du temps pour de nombreux événements difficiles et dont l’exemple le plus flagrant est ce qui m’avait été donné lors de ma dernière hospitalisation(*) ou lors d’un des premiers jours de confinement, l’année dernière lorsque ma femme et moi étions en prière, à l’église millénaire de l’entité.(*)

L’idée persiste aussi que le tissu de relations et d’attentions qui se construit dans la paroisse, pour un but commun, la solidarité envers les uns et les autres, ceux qui sont dans la périphérie, dans les moments difficiles, reste la balise fondamentale qui permettra à notre communauté de traverser plus sereinement les épreuves de la vie. 

(*) https://corpssensations.org/a-propos/messagere-de-nuit2/

(*)https://corpssensations.org/2020/03/18/moment-de-grace/