Petit matin.

Douleur lancinante qui empale ma nuit, douleur qui éveille pour la nième fois. D’où l’heure du petit matin, du creux de la nuit. Douleur qui empale. Douleur à l’aine. Haine qui transperce ma virilité. Douleur qui prostre, prostate.

Une fois de plus à cette heure indue de la nuit, je suis plié en deux. Par quelques mouvements, j’essaye d’apaiser cette sourde présence, fantôme de ma virilité.

Qu’est ce qui est touché, qu’est ce qui me touche. Phantasme d’une nuit. Avant la rémission pour quelques jours pour quelques mois. Douleur qui perce à jour mes secrets de la nuit, douleur pure et dure perçant un voile d’obscurité, douleur de la nuit.

Petit matin vaseux où le bruit de la pluie seule perce ma solitude d’homme au foyer, d’homme réfugié dans sa tanière, se léchant des blessures reçues à son préavis début février.

Associations qui se jouent dans un champ de mémoire, petits tourbillons qui se meuvent au bord de la conscience, forme souple et virile qui cherchent leurs expressions et que je cueille étonné, en ce jeudi matin.

Textes de mon vécu de ces derniers mois qui me renvoient aux émotions profondes qui me retournent, comme un sillon la terre.

Association étonnante des plis du temps dans ma vie professionnelle qui me trouve deux fois sans travail, à quelques jours près dans l’écoulement des saisons, début février. Coïncidence, Hasard.

« Que vas-tu chercher là ». Ecoute, observe, c’est ce qui se passe, Accepte.

Temps de travail compté en années et qui deux fois prennent la même durée, 12 ans trois mois pour se terminer deux fois dans le même scénario, le préavis.

« Que vas-tu chercher là ». Ecoute, observe, c’est ce qui se passe, Accepte et cherche le sens si faire se peut.

Comme un programme invisible engrammé dans mes cellules, ma vie de travail s’arrête brusquement passé la douzième année dans un cadre de travail et m’oblige à une expulsion brutale, à vivre un deuil impossible de liens tissés au cours de ce temps, a m’arracher à la sécurité bienveillante d’un milieu protecteur, pour me retrouver nu dans l’incertitude. Deuils à faire, deuil toujours à refaire, deuil impossible peut-être à faire encore.

Fin janvier, en lisant un conte de Colette Nys-Mazure, sur le train, une semaine avant l’évènement, une onde profonde de tristesse, montait de mon ventre, vers mes larmes, un flot profond, comme une vague s’était réveillé par l’atmosphère émouvante crée par l’écrivain.

Une émotion intérieure profonde s’était mise en route comme une anticipation de l’évènement douloureux qui allait m’atteindre le lundi suivant.

Un deuil intérieur impossible se mettait en scène pour culminer dans des larmes d’enfants qui m’agitent et qui sortent dans mes moments de solitude, comme si un enfant inclus en moi pleurait toujours. Larmes en écho, de ma fille, à qui j’offrais de manière impossible, malgré moi cette douleur en son anniversaire comme pour lui dire que la douleur qui l’habite n’est pas la mienne, ni la sienne mais qu’elle est douleur transmise dans les plis du temps, de mon temps, de son temps.

Douleur d’un passé obscur  qui nous a toujours habité et dont nous n’avons le sens de l’évènement du passé qui nous habitent, qui nous hantent comme un fantôme, douleur à la recherche des mots perdus un jour dans des émotions profondes et refoulées et qui cherche maintenant dans son temps dans mon temps leur expression. Laure, Laurence pourquoi ce lien entre une fille et son arrière grand-mère par les pères. lien inconscient crée, il y a plus de trente ans par l’association des prénoms.

Douleur profonde de l’arrière petite fille, infirmière pour soigner les blessures que les générations n’ont pas pu par leur mutisme et leur refoulement mettre à plat, exprimer en larmes. Psychogénéalogie qui revient en force à propos de ces phases temporelles, têtes de vagues puissantes qui mettent en ce début de février à mal, père et filles.

-24-2-2000

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