Ce prénom ancien est devenu le résumé d’une péripétie curieuse que me rapporte ma fille lorsqu’elle me visite. C’est une onomatopée. Léon..on. rappelant qu’à Ecausinnes, il est célèbre. Il possède une page sur Facebook où l’on peut suivre ses pérégrinations.
Et comme le prononce ma fille, Léon..on. est un paon volage qui se promène dans la localité et dont je viens de recevoir la photo prise dans le jardin de celle-ci.
Léon..on se promène, Léon..on cherche, se fait connaître et je le connais.
Est-ce pour cela que dans ma méditation, au bout de la nef en attendant l’organiste, je l’ai à mon tour découvert, oui là au-dessus du maître d’hôtel, dans la décoration symétrique, en chapeau. Je ne vois plus une corne d’abondance comme je le voyais précédemment, j’y vois à présent, des paons, imaginés, vus, interprétés. L’un à gauche, l’autre à droite et pourquoi pas.
C’est mon imagination, ma facilité à entrer dans la paréidolie, qui m’ouvre cette perspective, qui conduit cette écriture. Elle me donne de l’émotion actuellement.
Depuis bien des années, beaucoup de symboles ont disparus, il n’y a plus de sens caché accordé aux images. Quoi que ! Avec les émoticônes, les émojis cette propension du passé revient doucement. Icônes- images -sentiments -sensations.
Ma connaissance des symboles est modeste, maigre mais je m’appuie régulièrement sur « Le dictionnaire des symboles » voyage dans le temps pour en rejoindre les expressions, les auteurs et ceux qui les ont utilisés dans le passé. Voyage dans l’espace, le rêve.
Voyage dans l’imaginaire pour associer des moments particuliers en leur donnant un sens non scientifique, autre mais surtout une autre dimension, parfois poétique. Toujours surprenante, Étonnante.
La nuit s’était terminée par un moment inhabituel ce matin- là, un moment de calme étonnant. Il faisait suite à une semaine de quinte de toux matinale pour expectorer les glaires fabriqués la nuit par une infection virale. Je n’avais pas le moindre souvenir d’une telle semaine d’effort fort bruyant dans le passé, pour assurer le libre passage de ma respiration. Deux extinctions de voix avaient été comme la parenthèse d’ouverture et de fermeture d’une infection dont je me serais bien passé.
Fallait-il la relier aux circonstances extérieures à une perception du monde qui me tenait debout
Il valait mieux sans doute me taire, ne pas laisser aller mon imagination dans des projections ou des suppositions. Mon entourage ne les aurait pas acceptés. Pourtant j’ai l’intime conviction que tout est lié, qu’une situation pénible et non parlée, entraîne une occlusion, ou comme dans certains textes une crypte.
A ce point de vue j’étais servi. De quelle nature était, ce ramonage des bronches que m’apportait les quintes matinales ? Pas question de partager la chambre conjugale dans cette situation. L’isolement était propice à l’une pour une nuit tranquille, à l’autre pour une nuit d’agitation et de mal-être.
La phrase rapportée à table par une amie quelques jours après, au sujet de cette séparation m’avait fait sourire. Reprise ici en titre, elle m’avait sembler tout à fait neuve en tout cas elle n’avait pas été entendue dans mon souvenir.
Description populaire, ancienne, d’une tension relationnelle, d’un excès de boisson, sans doute. Mais ici il était question d’un virus. Mais n’était-ce pas la même chose, l’un étant lié à l’autre. Et sur un terrain affaibli et mal aéré, les miasmes se multiplient.
Cette impression matinale était comme le calme plat après la sortie d’un orage, le plan d’eau calme après les rapides d’un torrent.
Remarquable. Bienfaisant. Moment physique d’apaisement qui permettait de prendre la mesure de cette toux qui n’en finissait pas. Dommage que je ne puisse l’entendre extérieurement. Elle m’aurait fait percevoir s’il s’agissait de la toux qui m’a poussé à écrire jadis.
La fin d’une boucle de temps, la fin d’un cycle qui ramène au départ mais à un étage plus élevé, mesure du travail accompli . J’étais trop impliqué que pour y voir clair, seul me restait le bon sens pour laisser aller les choses, pour être dans l’état qui me semble une potion « Wu-Wei » comme disent des Chinois. Laisser-faire, laisser se faire, être présent, être conscient.
En passant d’une chaîne de TV à une autre hier soir, je fais arrêt sur la chaîne Ln 24 que je ne fréquente guère, et tombe sur un podcast inconnu présentant un aperçu de l’évolution des drones. Enfin autre chose, à leur sujet, que les récits de guerre.
L’année dernière, grâce à eux, j’ai obtenu d’un voisin, une vue aérienne de l’ancienne sablière en friche derrière chez moi. Cette fois, le sujet qui apparaît maintenant est l’utilité de ceci, dans la gestion future, de l’épandage des engrais, sur les cultures. Une optimisation s’avère nécessaire vu le prix de ceux-ci.
Me voilà fixé dans ma recherche de chaines. Le sujet m’intéresse, je suis attentif et reste en spectateur.
Quelque temps plus tard, après le sujet clôturé, un autre s’ouvre. C’est en France dans le Puy-de -dôme, en Auvergne. Surprise, une église romane, construite sur un mont, fait l’objet d’une étude par les drones pour répondre à la question suivante : « Comment se fait-il que l’éclairage par le soleil des statues de certains saints, le jour de leur fête, ne se fait pas ? »
« Que peut-on en conclure ? D’où vient cette différence ? »
Me voilà renvoyé à mon expérience étonnante, dans la paroisse où je vis et où j’ai découvert qu’à l’équinoxe au printemps dans notre église romane, le Sacré-Cœur sur le maître-autel est entièrement éclairé.
Cette recherche, là à des centaines de kilomètres, me plonge dans l’univers des bâtisseurs romans de cathédrales, de collégiales. En absence d’électricité, la lumière naturelle servait déjà à mettre en valeur, dans le bâtiment certains moments, certaines dates.
L’univers était vivant, il apportait sa présence, son soutien, à la liturgie. C’était comme un enseignement lumineux. La nature était une alliée, elle contribuait à la gloire de Dieu. L’époque était bien plus religieuse, plus motivée. Ne construisait-t-elle pas de magnifiques bijoux.
Aucune comparaison n’est possible entre cette église et la nôtre. Le sommet de chapiteaux dans le chœur là-bas, représente des scènes e.a de la Passion, de l’Apocalypse. Cela n’existe pas chez nous, elle est plus modeste, juste aux 4 angles des piliers de la nef, une figurine en relief. Aucune statue de Saints, contre les piliers, n’est éclairée car elles ont été éliminées bien des années plus tôt et bien avant encore les fenêtres hautes de la nef centrale occultées, par l’extension du toit vers 1790. Ce qui me conforte, c’est qu’à cette époque autour de la fin du premier millénaire, l’église était mise en relation avec la nature, volontairement par un alignement de la hauteur des fenêtres, de l’emplacement des statues.
Que les rayons du soleil, pénétrant dans le bâtiment, étaient comme des doigts, mettant en valeur, certains éléments. La lumière était à ce moment, un support important.
A Saint-Nectaire, si certaines statues de Saints, ne sont pas éclairées, c’est sans doute, dit l’étude par drones, que les collines environnantes arrêtent les rayons de soleil à certaines dates. Au fond, il y avait une trame de construction idéale en architecture romane pour un bâtiment en plaine, en pays de collines, certains éclairements étaient impossibles.
Mais le génie des architectes lors de la conception, des plans, était bien présent à cette époque romane, même dans la simplicité et s’appuyait sur d’excellentes connaissances astronomiques. Un esprit régnait à cette époque pour renforcer, à travers le bâtiment, l’idée que le Christ est la lumière du monde.